Lundi, 19 Octobre 2009
Maman,
A l'heure qu'il est, je vais mal. Ne me demande pas pourquoi, ni comment ça se fait, mais le résultat est le même, je vais mal.
J'aimerais que tu sois là pour m'aider. Tu me diras, si tu étais à mes côtés, je ne serais surement pas dans ces états là; ou peut-être moins violemment. Je ne serais surement pas non plus en train de pleurer sans cesse, en ayant aimé te parler de mes peines, de mes amours, de mes passions, de mes craintes, de mes haines, ou tout simplement de mes objectifs.
J'aurais aimé te parler de F*******. Te dire à quel point je l'ai aimé. Mais pas que ça. Te parler aussi de l'attroce rupture que j'ai eu. De mon desespoir face à la situation dévastatrice que fût ma séparation. Te demander des conseils, et pourquoi pas, de vivre cette peine differemment. Je ne sais pas...
Te parler également de mes amis, de S*******, qui elle aussi connaît cette détresse. Ce ressentiment d'un abandon. Oui... elle le vit, comme moi. Ou plutôt devrais-je dire: Elle le "survit", comme moi...
Maman, j'ai passé cette période où j'allais déposer des dessins faits par amour, au pied de ta tombe. Là où, au fil du temps, je voyais jaunire la feuille, et moisire la pochette plastifiée. Maintenant, je sais que c'était qu'une simple formalité... qu'entre toi et moi, il y a une énorme distance... Que même le coeur ne peut rapprocher. La pensée ne sert à rien du tout.
Je me sens perdue et désorientée... Parceque j'aurais besoins de te voir, de t'entendre. De savoir si tu es fière ou déçue de mes actes. Mais tu me laisse dans le doute, dans l'ignorance complète et infinie. Je n'ai pas la "chance " d'être sermonée, d'être félicitée...
Tu ne m'as pas vue grandir, je ne t'ai pas vue vieillir.
Tu n'avais pas le droit de partir comme ça... après seulement trois années de présence... C'est trop peu dans une vie.
Je suis agacée et fatiguée de devoir lever les yeux pour te parler; systématiquement, ou presque, en pleurant...
Maman je t'en conjure, par pitié, accompagne moi... s'il te plaît. Fais au moins ça pour moi...
Je t'aime plus que tout
P.S: je ne te fais aucun reproche, si se n'est des constatations...